par Jean Loup Romera Thérapeute en Energétique Chinoise à Lyon. Dans cet article, nous allons explorer le lien entre poumon et medecine chinoise.
Dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC), le corps n’est jamais séparé de l’esprit ni des émotions. Chaque organe possède une fonction physiologique, mais aussi une dimension psychique et énergétique qui lui est propre. Le rapport entre « poumon » et « médecine chinoise » est ici fondamental. Parmi les cinq organes principaux (Foie, Cœur, Rate, Poumon, Reins), le Poumon occupe une place singulière : il est associé à l’élément Métal, à la saison de l’automne, et à une émotion bien précise — la tristesse.
Le Poumon et la médecine chinoise, gardien du Qi et de la frontière du corps
En MTC, le Poumon ne se limite pas à la respiration. Il est décrit comme le « maître du Qi » (l’énergie vitale) et le « ministre chargé des rythmes et des mesures ». C’est lui qui reçoit l’air pur du ciel et le distribue dans tout l’organisme, mais c’est aussi lui qui gouverne la peau, les pores et le système immunitaire de surface — ce qu’on appelle le Wei Qi, notre première ligne de défense face à l’extérieur. Ainsi, le rôle du poumon dans la médecine chinoise est essentiel à l’équilibre énergétique global.
Le lien du poumon et de la tristesse : cette fonction de « frontière » est essentielle pour comprendre le lien avec la tristesse. Le Poumon est l’organe qui gère l’échange entre l’intérieur et l’extérieur, entre soi et le monde. Quand on vit un deuil, une perte, une rupture, c’est précisément cette frontière qui est bousculée.
Pourquoi la tristesse touche le Poumon
L’automne, saison du Poumon, est celle où la nature se dépouille : les feuilles tombent, la lumière décline, tout se retire vers l’intérieur. Ce mouvement de « lâcher-prise » et de repli est à l’image de ce que vit le Poumon émotionnellement. C’est pourquoi dans l’observation du poumon et de la médecine chinoise, la tristesse est comprise comme une respiration intérieure à accompagner. La tristesse, dans cette logique, n’est pas une émotion « négative » à combattre, mais un mouvement naturel de contraction et d’intériorisation — à condition qu’elle circule et ne stagne pas.
Le problème survient lorsque la tristesse se fige. Un chagrin non exprimé, un deuil non traversé, peuvent alors « consommer » le Qi du Poumon. Les praticiens de MTC observent souvent, chez les personnes traversant une tristesse profonde ou chronique, des signes assez caractéristiques :
- une respiration courte, superficielle, comme retenue
- une voix qui s’éteint, plus faible
- une fatigue diffuse, un teint pâle
- une plus grande sensibilité aux rhumes et infections respiratoires
- une tendance à pleurer facilement, ou à l’inverse à « étouffer » ses larmes
À l’inverse, un Poumon affaibli — par le tabac, la pollution, un climat sec, ou simplement l’âge — peut lui aussi rendre plus vulnérable à la mélancolie. La relation fonctionne dans les deux sens : l’émotion affecte l’organe, et l’organe affaibli favorise l’émotion.

Retrouver le souffle pour apaiser le cœur
La bonne nouvelle, c’est que cette vision holistique offre aussi des pistes concrètes. Prendre soin du Poumon, en MTC, c’est prendre soin de sa capacité à laisser partir ce qui doit partir — un souvenir, un chagrin, un air vicié — pour mieux accueillir ce qui vient. C’est dans cette logique que l’association poumon et médecine chinoise permet de retrouver l’équilibre émotionnel et l’harmonie du souffle.
Quelques pistes traditionnellement proposées :
- Le travail du souffle : la respiration consciente, en particulier l’expiration longue et complète, aide à « évacuer » symboliquement et physiologiquement ce qui pèse.
- L’acupuncture ou digipuncture , en stimulant certains points du poumon pour soutenir le Qi de l’organe.
- La marche en extérieur, particulièrement à l’automne, pour se reconnecter au rythme naturel de la saison plutôt que de le combattre.
- Le travail corporel et manuel, notamment autour de la cage thoracique et du diaphragme, souvent contractés lorsque l’on retient une émotion.
C’est d’ailleurs sur ce dernier point que la médecine chinoise et l’ostéopathie se rejoignent naturellement : libérer les tensions physiques du thorax peut aider à libérer, indirectement, ce qui est retenu sur le plan émotionnel. C’est tout l’intérêt d’une approche à la croisée des deux disciplines — comme celle que propose par exemple Jean-Loup Romera, ostéopathe et thérapeute en médecine chinoise à Lyon, dont le travail illustre bien cette complémentarité entre le corps et le souffle.
En conclusion
La médecine chinoise nous rappelle une chose simple mais profonde : la tristesse n’est pas un ennemi à éradiquer, mais une émotion à accompagner, comme on accompagne l’automne vers l’hiver. Quant à la relation du poumon dans la médecine chinoise, elle suggère d’apprendre à respirer pleinement pour que la tristesse puisse circuler librement dans le corps. Prendre soin de son Poumon, au sens large, c’est apprendre à respirer pleinement — à laisser entrer et sortir, sans retenir ce qui doit s’en aller.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de tristesse persistante ou de mal-être profond, il est important de consulter un professionnel de santé.